Poisson sauvage ou poisson d’élevage lequel choisir ?

Pour garantir un bon équilibre alimentaire, il est conseillé de consommer du poisson deux fois par semaine dont un poisson gras.

Mais ces recommandations ne spécifient en rien l’origine du poisson que nous devons privilégier pour notre santé. Alors en quoi les poissons d’élevage ou les poissons sauvages sont-ils différents ?

 

Un milieu de vie bien différent,

Pour pouvoir répondre à la demande, mais aussi pour préserver les espèces d’une extinction précoce et les épargner de la pêche intensive, la méthode d’élevage en pisciculture est arrivée.

L’élevage du poisson se fait dans des bassins d’eau douce ou d’eau de mer, selon l’espèce, et s’appuie sur son cycle de vie naturel. Bien évidemment la pisciculture demande l’intervention de l’homme. 

Selon le type d’élevage les poissons sont nourris différemment : 

  • L’élevage extensif : les poissons se nourrissent des ressources naturellement présentes dans le bassin
  • L’élevage semi-intensif : milieu dans lequel on rajoute des compléments nutritionnels.
  • L’élevage intensif : L’alimentation est artificielle, composée principalement de végétaux, de farines d’autres poissons, de vitamines et de minéraux.

Mais pas question de risquer une contamination et de perdre l’ensemble de la production, donc on loge tout le monde à la même enseigne : au repas c’est antibiotique et pesticides !

Et bien évidemment, il faut que les poissons d’élevage aient les mêmes caractéristiques physiques que les poissons sauvages, notamment la même couleur, et pour se faire rien de mieux que de rajouter un peu de colorant dans la nourriture.

A l’opposé les poissons sauvages vivent dans leur état naturel : il se nourrissent de ce qu’ils trouvent et parcourent de longues distances. La nourriture et leur état de santé ne peuvent absolument pas être contrôlés. Le problème c’est que même dans les eaux profondes, nos eaux sont polluées. Les poissons se gorgent de polluants qui se stockent dans leurs matières grasses.

 

Et nutritionnellement ça change quelque chose ?

Pas vraiment. Du point de vue nutritionnel les poissons qu’ils soient sauvages ou d’élevage sont tous peu caloriques, et sources de protéines de qualité et d’omégas 3. Les poissons d’eau de mer apportent en plus de la de vitamine B12, de l’iode et du sélénium et les poissons gras de la vitamine D.

Pour les poissons sauvages c’est la loi du plus fort : les plus petits sont mangés par les plus gros, et les polluants s’accumulent et se concentrent. Pour les poissons d’élevage, et bien ils sont bien moins actifs, donc pour une espèce équivalente ils sont bien plus gras et contiennent donc plus de polluants qu’une espèce sauvage.

Vous avez compris le mécanisme, plus un poisson est gros et gras, plus il a de chance de contenir une grande quantité de polluants.

Alors oui le poissons gras est bon pour la santé, mais un poisson gras encore plus pollué et riche en colorant c’est pas forcément le toppissime. De plus si on recommande de consommer au moins un poisson gras par semaine c’est avant tout pour leur teneur en oméga 3, un acides gras majoritaire chez les poissons sauvages et minoritaire chez les poissons d’élevage. Et oui il a été prouvé que les poissons gras d’élevage contenaient plus d’oméga 6 que d’oméga 3. Or l’alimentation déborde déjà d’oméga 6 et même s’ils sont bons pour la santé, il faut limiter leur consommation. 

Il n’y a pas de bons ou mauvais choix,

Du point de vue nutritionnel c’est avant tout l’espèce et non pas la provenance qui détermine la composition nutritionnelle du poisson. Pour le reste, encore une fois, tout est dans l’équilibre, ainsi en variant les espèces, les types de cultures et les zones de pêches, vous atteindrez un équilibre et aucun risque de surcharger l’organisme de polluants. Et puis rassurez-vous les bienfaits reconnus du poisson sont nettement supérieurs aux éventuels risques toxiques.


Source :

1. Naylor RL, Hardy RW, et al. Feeding aquaculture in an era of finite resources. Proc. Natl. Acad. Sci. USA 2009 Sept 1 ;106 (36) :15103-15110.

2. Blanchet C, Lucas M, et al. Fatty acid composition of wild and farmed Atlantic salmon (Salmo salar) and rainbow trout (Oncorhynchus mykiss), Lipids. 2005 May;40(5):529-31.

3. Lundebyea, A.K., Locka, E.J., Rasingera, J.D., Nøstbakkena, O.J., Hannisdala, R., Karlsbakkb, E., Wennevikb, V., Madhunb, A.S., Madsena, L., Graffa, I.E., Ørnsruda R., 2017. Lower levels of Persistent Organic Pollutants, metals and the marine omega 3-fatty acid DHA in farmed compared to wild Atlantic salmon (Salmo salar). Environmental Research 155, 49–59.

4. Sprague, M., Walton, J., Campbell, P.J., Strachan, F., Dick, J.R., Bell, J.G., 2015. Replacement of fish oil with a DHA-rich algal meal derived from Schizochytrium sp. on the fatty acid and persistent organic pollutant levels in diets and flesh of Atlantic salmon (Salmo salar, L.) post-smolts. Food Chem 185, 413–421.

5.Friesen, E.N., Skura, B.J., Ikonomou, M.G., Oterhals, A., Higgs, D., 2015. A. Influence of terrestrial lipid and protein sources and activated carbon-treated fish oil on levels of persistent organic pollutants and fatty acids in the flesh of Atlantic salmon. Aquacult. Res 46, 358–381.


banniere-blog-2

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *