L’HUILE DE PALME PLUS DANGEREUSE QUE D’AUTRES HUILES VEGETALES ?

Le Nutella® n’est pas le seul produit à contenir de l’huile de palme. On la trouve également dans les pâtisseries, les biscuits, les produits de panification et aussi surprenant soit-il on l’a retrouve aussi dans des shampooings, savons, crèmes hydratantes, et dans les hydrocarbures ! C’est grâce, ou devrais-je dire à cause de sa grande diversité d’utilisation que l’huile de palme est récemment devenue l’huile végétale la plus consommée au monde.

Pourtant elle est accusée d’être responsable d’une importante déforestation et de contribuer à la disparition de nombreuses espèces telle que les Orangs outangs. L’huile de palme a attiré les foudres. Elle présenterait même des risques pour la santé.

Alors comment se positionner ? Pourquoi une huile végétale provoque autant de débats et que doit ‘on en penser ? Faisons le point.

Qu’est-ce que l’huile de palme ? 

L’huile de palme est une huile végétale extraite de la pulpe des fruits du palmier à huile. Elle est à différencier de l’huile de palmiste qui elle est extraite du noyau des fruits du palmier à huile.

Comment s’est-elle retrouvée dans les produits alimentaires? 

Si je vous dis que l’huile de palme s’est retrouvée dans l’alimentation à cause du beurre, vous y croyez ? Et bien pourtant, c’est bel et bien vrai !

Le beurre à lui aussi attiré les foudres fut un temps. Sa teneur élevée en acides gras saturés a été prise pour cible, faisant du beurre un aliment mauvais pour la santé. Parallèlement le beurre coûte cher aux industriels car il doit être conçu, transporté et stocké dans des conditions particulières. Voici les deux facteurs qui ont poussé les industriels à chercher une alternative au beurre. Il fallait trouver une matière grasse ayant bonne presse, possédant des atouts santé et des propriétés équivalentes au beurre. Le tout avec un coût de revient plus bas que celui du beurre.

Et bingo, l’huile de palme remplie la charte ! Son coût de production est bas, elle peut être transportée sans camion réfrigéré et sa répartition en acides gras lui confère la particularité d’être solide à température ambiante et liquide à haute température, tout comme le beurre. Le rêve pour les industriels.

Et côté nutrition ?

Seul petit bémol l’huile de palme est rouge et n’est pas suffisamment solide pour conférer aux produits la même texture et couleur que lorsque l’on utilise du beurre. Avouez qu’une brioche rouge éveillerai vos soupçons quant à sa qualité nutritionnelle ?

Les industriels le savent et c’est pour ça qu’il raffine l’huile. Le raffinage supprime la couleur et donc les nombreux caroténoïdes, de puissants antioxydants à la couleur orangée, que contient naturellement l’huile de palme. Ils ont également recours à l’hydrogénation, un procédé par lequel une huile liquide devient encore plus solide grâce à un bombardement d’atomes d’hydrogènes. Ce procédé change la structure des acides gras et entraîne la formation d’acide gras trans, des graisses reconnues pour leur potentiel cancérigène et leurs risques sur la santé cardio-vasculaire.

Voici ce qui rend l’huile de palme transformée néfaste pour la santé. A l’état naturel l’huile de palme ne présente aucun risque notoire sur la santé.

Ce qui lui confère sa texture si particulière, c’est sa composition d’acides gras (AG). C’est la seule matière grasse composée à 50% d’acides gras saturés, présentes  dans les graisses animales  (même si c’est une source d’huile végétale c’est ce qui fait d’ailleurs sa particularité) et 50% d’acides gras insaturées, présentes dans les huiles  végétales.

L’huile de palme est donc à moitié constituée de « bonnes graisses » et à moitié constituée de « mauvaises graisses », alors sa composition n’est pas si mauvaise que ça au final. Bien au contraire, elle est même très riche en vitamine A (bêta-carotène) et en vitamine E, des vitamines anti-oxydantes essentielles au bon fonctionnement du corps

Si elle n’était pas raffinée, l’huile de palme, comme beaucoup d’autres produits, pourrait être beaucoup plus avantageuse pour la santé… et n’oublions pas que plus de la moitié de la planète l’utilise telle quelle en particulier en ASIE.

Savoir choisir ses produits

Si vous souhaitez faire attention à votre consommation d’huile de palme transformée, il faut avant tout savoir la repérer. Dans les listes d’ingrédients elle se cache sous différentes dénominations.

Pour les plus évidentes il y a :

  • Huile de palme
  • Huile de palm
  • Huile palmiste
  • Graisse de palme 
  • Graisse palmiste
  • Oléine de palme
  • Stéarine de palme

Et pour les moins évidents on retrouve :

  • Huile végétale
  • Graisse végétale
  • Huile végétale hydrogénée
  • Mono-di glycéride d’acides gras
  • Mono stéarate de glycérol
  • Sucroesters d’acides gras

Il faut savoir que pour ces dernières il ne s’agit pas forcément d’huile de palme, ces dénominations sont très vagues et peuvent être utilisées pour d’autres huiles végétales tel que de l’huile de colza, de tournesol et autres huiles liquides. Je porterai une attention particulière à la dénomination « huile végétale hydrogénée » et « graisses végétales hydrogénées ». Comme décrit plus haut, l’hydrogénation permet de rendre une huile solide, or ce processus peut s’effectuer sur tout type d’huile végétale. Où je veux en venir ? A l’exception de l’huile de palme et l’huile de coco, les huiles végétales sont exclusivement liquides. Ceci induit que pour arriver au même résultat que l’huile de palme, il faut hydrogéner, deux fois, trois fois plus les huiles …

La quantité d’acide gras trans y est aussi multipliée. Alors à mon sens, si l’on fait abstraction du côté environnemental et que l’on se concentre sur le côté nutritif. Peut-être vaut-il mieux choisir un produit contenant la dénomination « sans huile de palme hydrogénée », plutôt qu’un produit contenant la mention « huile végétale hydrogénée » et « graisses végétales hydrogénées ».

 


Sources :

  1. Marangoni, F., Galli, C., Ghiselli, A., Lercker, G., La Vecchia, C., Maffeis, C., … & Giacco, R. (2017). Palm oil and human health. Meeting report of NFI: Nutrition Foundation of Italy symposium. International journal of food sciences and nutrition, 68(6), 643-655.
  2. de Roos NM, Bots ML, Katan MB. Replacement of dietary saturated fatty acids by trans fatty acids lowers serum HDL cholesterol and impairsendothelial function in healthy men and women. Arterioscler Thromb Vasc Biol. 2001 Jul;21(7):1233-7.
  3. Gouvernement du Canada, Agence canadienne d’inspection des aliments, Huiles, acides gras et matières grasses : http://www.inspection.gc.ca/aliments/etiquetage/decisions/huiles-acides-gras-et-matieres-grasses/fra/1348149106659/1348149198158
  4. Fonds français Alimentation et santé, Huile de palme : aspects nutritionnels, sociaux et environnementaux, Novembre 2012.
  5. Hu FB, Stampfer MJ, Manson JE, et al. Dietary saturated fats and their food sources in relation to the risk of coronary heart disease in women. The American journal of clinical nutrition 1999;70(6):1001-8.
  6. van Meijl LE, Vrolix R, Mensink RP. Dairy product consumption and the metabolic syndrome. Nutrition research reviews 2008;21(2):148-57.

Angélique, Nutritionniste chez Maïa Baudelaire

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