Ma santé dépend-t-elle de mon microbiote intestinal ?

Nous possédons tous un microbiote cutané, un microbiote vaginal, buccal, et le plus riche : le microbiote intestinal. Ce dernier nous intéresse tout particulièrement puisqu’il est directement lié à notre alimentation, à notre état de santé général, et à nos maladies, passagères ou chroniques. Sa composition est propre à chaque individu, c’est pourquoi les recherches à ce sujet sont relativement compliquées et qu’il est difficile d’établir un seul modèle de microbiote sain. Cependant, certaines causes à effet ont été constatées sur les souris ou sur l’homme.

Qu’est-ce que le microbiote intestinal ?

Le microbiote intestinal, anciennement appelé flore intestinale, est constitué de nombreuses bactéries vivant dans notre tube digestif, se nourrissant de ce que nous mangeons nous même. Notre microbiote étant différent d’un individu à l’autre, notre adaptation aux différents régimes alimentaires est aussi personnelle à chacun. C’est pourquoi le même régime n’aura pas le même effet sur vous et sur votre voisin. Ces bactéries sont environ au nombre de 1011 et se trouvent pour la grande majorité dans le côlon.

Quel lien entre notre microbiote et notre santé ?

  • Le microbiote et le poids.

Nous avons déjà expliqué le rôle de nos bactéries sur l’obésité, nous développons ici les études mentionnées dans cet article.

Plusieurs études ont montré que la composition du microbiote influençait la tendance à la prise et à la perte de poids, tant chez les animaux que chez l’homme*.

Chez les animaux, J. Gordon a transféré les microbiotes de souris obèses et de souris minces à d’autres sans microbiote (axéniques). Les souris ayant reçu le microbiote provenant de souris obèses ont pris plus de poids que les receveuses de microbiote de souris minces.
Cela a aussi été vérifié chez l’homme, lors de régimes chez des personnes obèses. Le point commun entre ces deux études était la quantité d’un type de bactéries, les Bactéroidètes, qui diminuait lorsque l’individu perdait du poids, et plus particulièrement le rapport entre les Firmicutes et ces Bactéroidètes qui baissait. L’individu était alors en meilleure santé après sa perte de poids, au vu de la composition de son microbiote.

  • Le microbiote et les risques inflammatoires.

La maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique, maladies inflammatoires chroniques des intestins (MICI) se manifestent par des inflammations à répétition du tube digestif. La génétique est l’une des causes de ces maladies, mais la flore intestinale a aussi son rôle à jouer.
Une souche d’E. coli aurait été trouvée en excès dans les intestins de patients atteints de Crohn. Celle-ci serait à l’origine de nouvelles inflammations, puisque son excès provoque une dysbiose, c’est-à-dire un déséquilibre de la composition bactérienne du microbiote. C’est un cercle vicieux : l’inflammation affaiblit le microbiote, et un microbiote en dysbiose ne protège plus correctement les intestins des inflammations.
Chez les animaux, le transfert de la flore intestinale d’une souris sensible aux inflammations chez une souris sans microbiote et en bonne santé a rendu cette dernière hypersensible à l’inflammation intestinale**.
Un microbiote bien nourri grâce aux bons aliments diminue donc le risque inflammatoire et les maladies qui y sont associées.

  • Le microbiote et les diabètes

Tout comme il influence le risque d’avoir des maladies auto-immunes, notre microbiote joue aussi un rôle sur notre risque d’avoir un diabète de type 1.
Les cathélicidines sont des protéines ayant la capacité de réguler le système immunitaire. Les souris diabétiques sont en déficit de ces protéines, et lorsque les bactéries de souris saines sont transférées à ces souris diabétiques, les cathélicidines retrouvent un niveau normal ce qui affaiblit le diabète en limitant l’inflammation du pancréas***.

Concernant la relation entre le microbiote et le diabète de type 2, la quantité de BCAA, acides aminés branchés, essentiels donc apportés par l’alimentation (dans les protéines), serait en cause. Une quantité trop élevée de ces acides aminés dans le sang, elle-même due à la bactérie Prevotella copri présente dans le microbiote, engendrerait la résistance à l’insuline (tout savoir sur le diabète ici ) d’après un article du journal Nature****.

  • Le microbiote et l’humeur.

Le tryptophane est un acide aminé essentiel, c’est-à-dire que nous devons l’apporter par l’alimentation. Il se trouve dans les protéines. Ce tryptophane a indirectement un rôle anti inflammatoire (en activant des récepteurs spécifiques), mais il permet aussi la production de sérotonine sous l’influence du microbiote qui est liée à la régulation de notre humeur. Sans tryptophane, la régulation se fait moins bien. Selon le magazine Sciences et Avenir (n°784 de juin 2012), 95% de la sérotonine, hormone du bien-être, est produite par notre intestin, d’où le lien entre le microbiote et notre humeur générale.

Un microbiote en symbiose a donc, comme nous l’avons vu, un rôle immunitaire très important. Il nous protège de nombreuses maladies. Ces bactéries varient selon l’intestin de chacun, c’est pourquoi il est conseillé de consulter un(e) micro nutritionniste si vous désirez prendre des probiotiques en compléments alimentaires. Ainsi, ils seront adaptés à vos bactéries à vous !
Dans la majorité des cas, une alimentation équilibrée est suffisante pour un microbiote en forme, comme nous l’avons développé dans un article vous donnant les clés afin de restaurer votre flore intestinale ou continuer d’en prendre soin.

Pour un rééquilibrage alimentaire et des intestins en forme en bonus, une cure Digestion ne vous ferait pas de mal.


*Gordon, J., Ding H., Hooper L. et al. (2004). The gut microbiota as an environmental factor that regulates fat storage, Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America. 101(44), 15718–15723. doi : 10.1073/pnas.0407076101

**INRA (2016). Génétique et microbiote intestinal contribuent ensemble aux MICI. INRA Science et Impact.

*** Sun, J., Furio, L., Mecheri, R., & Saveanu, L. et al. (2015). Pancreatic β-Cells Limit Autoimmune Diabetes via an Immunoregulatory Antimicrobial Peptide Expressed under the Influence of the Gut Microbiota. Immunity, 43(2), 304-317. doi: 10.1016/j.immuni.2015.07.013

**** Pedersen, H. K., Gudmundsdottir, V., Nielsen et al. (2016). Human gut microbes impact host serum metabolome and insulin sensitivity. Nature, 535(7612), 376–381. doi:10.1038/nature18646


Sophie, Nutritionniste chez Maïa Baudelaire


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