Manger contre l’endométriose

L’endométriose touche une femme sur dix, et est pourtant encore largement méconnue : les recherches sont encore bien trop limitées. Il est tout à fait irrationnel que les recherches sur le bien-être sexuel de l’homme soient développées, lorsqu’en contrepartie, une maladie touchant 10% des femmes est banalisée par des professionnels de santé et inconnue de la majorité des femmes concernées.

L’endomètre est le nom de la couche de tissu qui tapisse l’utérus. Une partie de ce tissu s’évacue par les règles, lorsqu’il n’y a pas eu fécondation.
De ce fait, l’endométriose est une maladie inflammatoire dépendant des œstrogènes qui provoquent une mauvaise croissance de ce tissu utérin : des cellules se déplacent et se développent en dehors de l’utérus, où elles ne devraient pas se trouver. C’est ce phénomène qui provoque de l’inflammation, des douleurs intenses et handicapantes au bas ventre, lors des règles et en dehors des règles, lors des rapports sexuels, au moment de l’ovulation…

Si vous pensez éventuellement souffrir d’endométriose, consultez votre médecin traitant afin d’obtenir une explication sur la cause de vos douleurs. Il faut parfois insister, voire changer de professionnel afin d’en trouver un suffisamment sensibilisé à la cause ou plus à l’écoute de votre ressenti.

Bien que des recherches soient en cours, il n’existe pas encore de traitement afin de guérir complètement de cette maladie. C’est pourquoi l’alimentation peut jouer un rôle important afin de réduire l’inflammation et soulager les symptômes.

En effet, une étude datant de 2015* a montré qu’un régime équilibré pouvait réduire le risque de souffrir d’endométriose, de réguler la sécrétion d’hormones donc de ralentir l’avancée de la maladie et de ses symptômes. Il est donc conseillé de consommer des féculents complets et beaucoup de fruits et légumes frais (pelés pour les plus pollués d’entre eux) pour leurs nombreux nutriments anti oxydants et leurs fibres, régulant les œstrogènes. Le resvératrol du raisin serait particulièrement anti inflammatoire et anti oxydant, mais les agrumes, fruits rouges et légumes verts sont aussi largement conseillés.

Il est aussi recommandé de réduire sa consommation de viande rouge et de rééquilibrer le ratio oméga 6 / oméga 3 ** afin de réduire l’inflammation. Pour cela, cuisinez moins à l’huile de tournesol ou d’arachide, et préférez l’huile de colza et les poissons gras (thon, saumon, maquereau, sont conseillés une fois par semaine !).

Il est possible qu’une consommation trop importante de lactose et de gluten ait un effet pro-inflammatoire selon votre sensibilité. Cependant, ce n’est pas systématique : vous pouvez donc essayer de réduire voire supprimer le lactose, ou le gluten. Ainsi, vous pourrez remarquer si l’absence de l’un ou de l’autre provoque un soulagement des symptômes. Cela prend du temps et de l’énergie, c’est pourquoi il est nécessaire d’être entourée et soutenue par vos proches, mais aussi suivie par un professionnel de santé qui pourra vous aiguiller.
Réduire le sucre (remplacer par du sirop d’érable par exemple), l’alcool et les produits transformés fera, de même, beaucoup de bien à votre corps et à vos douleurs. Enfin, remplacez le café par le thé, car ce dernier est anti-oxydant.

Le sport est aussi un moyen d’évacuer le stress. Il joue sur le mental et sur votre bien être physique. Profitez donc d’un sport que vous aimez afin de vous sentir encore plus forte face à l’endométriose !

Pour réduire le risque d’inflammation, nous vous proposons un programme anti-oxydant sur trois mois. Vous choisissez à quelle fréquence vous désirez vos consultations (une fois par semaine ou une fois toutes les deux semaines), et votre coach préparera votre planning de menus chaque semaine pour que vous ayez une alimentation adaptée à vos besoins et à vos goûts. Vous n’aurez plus qu’à suivre la recette indiquée !


Sophie Francoulon, Nutritionniste chez Maïa Baudelaire


*Halpern G, Schor E, Kopelman A. Nutritional aspects related to endometriosis. Rev Assoc Med Bras (1992). 2015 Nov-Dec;61(6):519-23. doi: 10.1590/1806-9282.61.06.519.

**Hansen SO, Knudsen UB. Endometriosis, dysmenorrhoea and diet. Eur J Obstet Gynecol Reprod Biol. 2013 Jul;169(2):162-71. doi: 10.1016/j.ejogrb.2013.03.028. Epub 2013 May 2.


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