LE REGIME PALEOLITHIQUE, QU’EN PENSONS-NOUS ?

Bon, pour ne pas vous mentir, cela fait un moment qu’il est sur le marché celui-ci. Il aurait même été élu le régime le plus populaire il y a quelques années. Mais je me suis dit : « pourquoi je ne leur donnerai pas mon avis, étant donné que pour une fois, je ne lui trouve pas que des défauts à ce régime paléo ! ».

QU’EST CE QUE LE REGIME PALEO ?

Le régime paléolithique est, comme son nom l’indique, un régime très très très (très) ancien. Il est basé sur l’idée qu’il faudrait revenir à l’alimentation de nos ancêtres, à savoir les hommes et les femmes de la Préhistoire.

Alors non, rassurez-vous on ne vous demandera pas d’aller chasser le gibier au couteau et de vous mettre à table à moitié nu, avec pour seul vêtement une peau de bête fraichement tuée (quoique… !).

En général, tout se passe uniquement dans votre assiette. Le smartphone est même autorisé pour un petit selfie de votre chef d’œuvre culinaire !

Bon, trêve de plaisanterie, ce régime part tout simplement du principe que notre alimentation est notre première médecine. Jusque-là, je suis d’accord. Des chercheurs ont ainsi fait le constat qu’au Paléolithique, il n’existait pas de maladies de civilisation telles que l’on peut les retrouver aujourd’hui (cancer, diabète…). Bon, eux mourraient attaqués par des ours, chacun son truc…

Quoiqu’il en soit, leur alimentation de l’époque était bien différente de la nôtre. Les chasseurs-cueilleurs étaient nombreux, et permettaient ainsi une alimentation presque exclusivement constituée de fruits et légumes, et de viandes et poissons frais. La révolution agricole n’ayant pas encore eu lieu, les céréales et légumineuses étaient peu, voire pas du tout consommées.

Ainsi, il y a maintenant près de 40 ans, ce retour aux sources s’est largement popularisé, notamment grâce au Dr S. Boyd Eaton. Quelques ouvrages d’auteurs divers plus tard, et le régime paléo était né pour de bon, avec un seul objectif : le retour à une alimentation ancestrale, nous permettant de nous protéger des maladies actuelles.

QUE MANGER DANS CE REGIME ALIMENTAIRE ?

C’est là que cela se complique… Etant donné que nous n’étions pas là à l’époque de la Préhistoire (sauf si vous me cachez des choses…), il est difficile de savoir dans le détail ce qui était consommé par nos chers ancêtres. De ce fait, il y a plusieurs écoles.

Toutefois, la plus répandue reste la suivante :

  • Aliments permis : viandes maigres, poissons, fruits, légumes, œufs, huiles végétales de première pression à froid, oléagineux
  • Aliment interdits : céréales et légumineuses, produits laitiers, produits sucrés, produits ultra-transformés de façon générale, matières grasses de type beurre ou crème

Alors déjà, le mot « interdit », je n’adhère pas beaucoup, mais bref, passons à la suite…

POURQUOI FAIRE LE REGIME PALEOLITHIQUE ?

En limitant l’alimentation aux quelques familles d’aliments vus ci-dessus, les fans du paléo prétendent avoir trouvé un régime plus adapté à nos besoins physiologiques, et permettant à l’organisme de fonctionner correctement, tout en améliorant les performances physiques et intellectuelles. L’idée est de pratiquer ce régime à vie, afin d’observer une réelle amélioration de l’état de santé.

Mais vous connaissez la passion de la société actuelle pour le poids ? Et oui, on ne pouvait pas parler d’un nouveau régime alimentaire sans parler de perte de poids, et notamment de perte de graisse !

Tout comme ses compatriotes, le régime paléo permettrait de perdre du poids grâce à sa richesse en protéines animales, qui lui conférerait un effet satiétogène suffisant pour diminuer les consommations alimentaires.

Encore une fois, la perte de poids rapide est utilisée comme argument vendeur, et je trouve cela dommage… On en serait, pour une fois, resté à l’aspect santé, cela m’aurait davantage convaincue !

LE REGIME PALEO, QU’EST-CE-QUE J’EN PENSE ?

Et bien oui, après cette petite présentation, il fallait bien que je vous donne mon avis sur ce fameux régime alimentaire.

Pour une fois, je ne suis pas totalement contre tout ce qu’il revendique mais… je ne suis pas pour non plus !

Ses avantages

Commençons par ses avantages, histoire de rester positifs encore quelques lignes.

Ce régime m’intéresse avant tout pour son retour à la naturalité. Il promeut la consommation de produits bruts, de fruits et de légumes frais, de viande et de poissons frais, et met à terre les produits industriels en tout genre, bourrés d’additifs et de conservateurs. Pas de produits 0% en vue, de substituts de repas aux aspects et goûts douteux, mais une invitation à se rendre au marché de la ville d’à côté tous les dimanches matin pour faire ses emplettes.

Par ailleurs, en mettant les fruits et légumes, mais aussi les oléagineux sur le devant de la scène, c’est la consommation en fibres qui est boosté, et ça, j’adhère ! Nous vivons malheureusement dans un monde où les 25-30g de fibres par jour ne sont pas respectés, et dans lequel les désordres du transit tels que la constipation sont bien trop présents.

Enfin, l’encouragement à la consommation de matières grasses de bonne qualité est selon moi un très bon point. Il permet de mettre un holà général à la peur phobique des matières grasses de certains. Rappelons que les lipides  sont essentiels au fonctionnement de notre système hormonal, participent à la constitution des membranes cellulaires, ou encore permettent le transport des vitamines liposolubles. Évidemment, il ne faut pas en abuser, mais une consommation quotidienne de ces matières grasses de haute qualité est importante pour le fonctionnement de notre organisme.

Avec ces trois arguments, le régime paléo marque 3 points !

Ses inconvénients

Malheureusement, la balance risque de vite pencher vers le négatif. Pourquoi donc me direz-vous ?

Et bien pour plusieurs choses.

A l’heure où nous prônons une diminution de la consommation de protéines, et notamment d’origine animale, le régime paléo avance à contre sens avec un pourcentage d’apport protéique conseillé supérieur aux recommandations actuelles. Il invite à la consommation journalière de viande, poissons, œufs ; qui soit dit en passant n’ont pas du tout la même composition que les viandes consommées par nos ancêtres, tels que le gibier ou certaines volailles, beaucoup moins grasses ; et au contraire, interdit la consommation de céréales et de légumineuses, autres sources de protéines, d’origine végétale cette fois-ci. Difficile donc pour un végétarien de s’en tenir à ce régime paléo

Par ailleurs, il me semble important de rappeler qu’une surconsommation de viande rouge (1) a été clairement associée à un risque plus élevé de cancer colorectal. Attention donc à ne pas tomber dans les excès…

La suppression de céréales et tubercules implique par ailleurs un moindre apport en glucose, notre carburant, et principalement celui de notre cerveau. Les protéines sont donc utilisées à des fins énergétiques, pouvant causer de graves troubles métaboliques.

Enfin, ce régime peut aussi être perçu comme une sorte de révolution menée par des consommateurs révoltés par les aliments industriels. Bizarrement, ce sont les céréales, contenant donc du gluten, et les produits laitiers, sources de gros débats santé, qui sont supprimés de ce régime… Nous faisons donc face à un mix du régime sans glucides avec un régime hyperprotéiné… Cela ne fait pas très bon ménage !

Il n’est selon moi pas utile de supprimer quelque famille d’aliments que ce soit, sauf contexte pathologique. Cela reste source de frustration, et les régimes restrictifs (2) n’ont jusque-là pas fait leur preuve. Le risque reste, comme pour tous les autres régimes de la sorte, un retour à une alimentation hyper-industrialisée et riche en glucides et produits sucrés, et donc une prise ou reprise de poids, et le fameux effet yoyo (3) qu’il en découle.

En conclusion

Nous l’avons vu, ce régime fait encore une fois débat. Il doit rester inspirant, pour ses avantages indéniables, mais ne doit pas être appliqué de façon si drastique. Nous avons aujourd’hui à disposition une grande variété de produits alimentaires : à nous de faire les bons choix, dans la mesure et la modération. Aucune étude sur le long terme n’a montré de bénéfices réels de ce régime, tandis que l’équilibre alimentaire n’a plus à faire ses preuves. Privilégiez une alimentation intuitive, en consommant de tout, et en accord avec vos besoins : elle est là LA clef. Et si vous avez besoin d’aide pour vous lancer, ne perdez plus de temps et prenez rendez-vous avec une de nos diététiciennes diplômées d’état pour apprendre à manger équilibré, et perdre du poids durablement.


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01 47 36 00 98
(Du lundi au vendredi de 9h à 18h)

 


  • (1) ANSES (2011). Nutrition et cancer.
  • (2) ANSES (2010). Évaluation des risques liés aux pratiques alimentaires d’amaigrissement.
  • (3) Basdevant, A., Guy-Grand, B. (2004). Médecine de l’obésité. Flammarion.

Constance, Nutritionniste chez Maïa Baudelaire

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