Le jeûne, bonne ou mauvaise idée ?


 


Tout d’abord je tiens à préciser que la raison principale qui provoque l’ambivalence au niveau des professionnels c’est que malgré les nombreux retours d’expériences positives, il n’y a, à ce jour, aucune étude scientifique qui prouve que le jeûne à de réels bénéfices, que se soit en préventif ou en thérapeutique. On peut voir que le jeûne provoque autant de résultats positifs que d’effets négatifs sur le corps.  En France, le jeûne à visée préventive ou thérapeutique n’est pas à ce jour proposé en clinique ou milieu hospitalier. Certains médecins utilisent le jeûne dans leur protocole de soins, mais ils sont peu nombreux et souvent obligés de se détacher des institutions médicales.

J’ai décidé de vous parler du jeûne car à cette période de l’année c’est le moment de se préparer à l’été et pour beaucoup cela veut dire perdre les kilos accumulés par l’hiver. Le jeûne peut être vu comme étant la solution idéale pour une perte de poids rapide !

Déjà, revenons en aux bases, le jeûne ou devrais-je dire les jeûnes, en quoi cela consiste ?

La définition du mot « jeûne » est toute simple pour le dictionnaire, c’est une privation de nourriture. Mais lorsque l’on fait quelques recherches sur le net on peut vite se rendre compte qu’il n’y a pas une seule et unique façon de jeûner mais pleins de manières différentes.  Du jeûne intermittent qui semble le plus simple et le plus prisé aujourd’hui au jeûne sec, c’est-à-dire sans consommation d’eau, qui est le plus dangereux en passant par les célèbres séjours Jeunes et Randonnées, depuis quelques années on a l’embarras du choix.

Et pourtant la pratique du jeûne n’est pas apparue soudainement en l’an 2000. Le jeûne se pratique depuis des milliers d’années. Pas au sens où l’on entend aujourd’hui où aucune nourriture n’est consommée, mais plutôt sous forme de jeûne partiel et durant une période de l’année précise. Le but premier était  de faire face à la fin des ressources prévues pour l’hiver ; ensuite le jeûne a été vu comme une manière de renforcer la foi des populations, c’est ainsi que le Carême est apparu dans la religion chrétienne. Il n’était en aucun cas sujet de pratique à visée préventive ou thérapeutique. D’ailleurs, même de nos jours dans de nombreux pays où règne la malnutrition, il ne viendrait à l’idée de personne de pratiquer le jeûne pour son bon plaisir.

Jeûner est devenu un outil santé lorsque des thérapies naturelles comme la naturopathie qui s’en sont servies pour soigner tous types de maladies. Alors qu’aucune étude n’a pour le moment réussi à démontrer que le jeûne était bénéfique pour la santé, qu’il s’agisse de détoxifier l’organisme, de maîtriser son poids, de purifier ses organes ou encore mettre son corps au repos.

Beaucoup se sont appuyés sur le fait que des cliniques médicales soient spécialisées dans le jeûne thérapeutique pour crédibiliser leurs arguments. Alors qu’aujourd’hui dans le monde très peu de cliniques proposent un accompagnement par le jeûne, et celles qui le font ne sont pas réservées à la majorité des personnes car les cures sont souvent à prix extravaguant.

Comme la plupart des tendances, le jeûne est devenu populaire lorsque de nombreuses célébrités se sont mises à vanter les mérites du jeûne intermittent surtout sur les effets perte de poids.

Après cet aparté, revenons-en au jeûne.

Quelles sont telles les différentes manières de jeûner ?

D’abord cela va dépendre de se que l’on s’autorise à ingérer, on retrouve :

  • le jeûne sec, aucune consommation n’est faite, même l’eau est proscrite.
  • le jeûne complet où seule l’eau est permise
  • le jeûne partiel où il y a une consommation d’aliments allant jusqu’à 300kcal par jour. D’ailleurs, le plus souvent, le jeûne effectué sous encadrement médical est un jeûne partiel qui ne dépasse pas une semaine maximum.

Ensuite, le temps que va durer le jeûne est aussi pris en compte. La période de jeûne peut être continue (jusqu’à 40J) ou intermittente. La principale différence c’est qu’un jeûne continu doit être précédé d’une phase préparatoire et que le retour à une alimentation normale doit se faire petit à petit. C’est pourquoi le jeûne intermittent a plus de succès notamment chez les personnes qui pensent que c’est la nouvelle recette miracle pour perdre du poids. Chez Maïa Baudelaire, nous ne recommandons pas cette pratique.

Le jeune intermittent

Déjà, soyons honnête, c’est compliqué de maintenir un jeûne intermittent  quotidiennement à long terme sans frustration ou sans briser le lien social qui accompagne les repas. Imaginez votre moitié déguster de savoureuses gaufres devant vous. Est-ce que cela ne vous ferait pas plus de bien de partager ce moment au lieu de vous morfondre en comptant les heures jusqu’au déjeuner ?  Si votre objectif est une perte de poids, arrêtez-vous tout de suite !

Une des raisons principales qui fait que l’on peut observer une perte de poids, est dû au fait que l’on consomme moins de calories que d’habitude. Cependant comme tout régime restrictif, dès que l’on va reprendre une alimentation « normale », (à l’atteinte de ces objectifs ou en période de fête par exemple), et je mets les guillemets à « normale » parce que la plupart du temps, ce sont les vieilles habitudes bonnes ou mauvaises qui refont surface. Donc dès que l’on va reprendre une alimentation  « normale », qui sera plus calorique qu’en période de jeûne, le corps va en profiter pour stocker de l’énergie sous forme de gras, au cas où il aurait à subir une prochaine phase de restriction. Et donc, on reprend non seulement les kilos perdus mais aussi quelques kilos « au cas où ».  Si vous voulez avoir de réels  résultats à long terme, le plus efficace est un accompagnement personnalisé par une diététicienne-nutritionniste, diplômée d’état, qui va vous aider à rééquilibrer votre alimentation en prenant en compte votre personnalité, vos goûts et vos contraintes. Chez Maia Baudelaire, c’est ce que nous offrons : des conseils adaptés à chacun, une perte de poids durable sans restriction et sans brutaliser notre corps et un accompagnement motivant constant.

Nous proposons 15 thématiques différentes , je suis sure qu’il y en a forcément une faite pour vous.

Que se passe t-il alors dans notre corps ?

Notre cerveau fonctionne grâce au glucose présent dans notre alimentation. Or lorsque nous arrêtons toute consommation alimentaire, notre organisme va devoir trouver des solutions pour continuer à fournir au cerveau sa dose quotidienne de glucose.

Lors des premières heures de jeûne, entre 8 et 16h après la dernière prise alimentaire, le glucose mis à disposition pour le cerveau provient essentiellement des réserves hépatiques, c’est-à-dire du foie. Une fois que ces réserves sont vides, le glucose est principalement fabriqué à partir des protéines musculaires. Mais ce mécanisme ne peut pas durer car les protéines sont trop importantes pour le corps et la perte de masse musculaire est rapide. Alors, une lipolyse, c’est-à-dire la destruction des cellules graisseuses, va se mettre en place.  Les acides gras (qui sont les constituants principaux de la graisse alimentaire ou présente dans notre corps)  vont être utilisés directement par les organes mais aussi, ils vont être transformés en corps cétoniques pour être utilisés par le cerveau. Les corps cétoniques sont des molécules énergétiques. C’est parce que le gras va être le principal fournisseur d’énergie en détruisant ces cellules que l’on peut observer une perte de poids.

Cependant, en situation de jeûne, l’organisme doit aussi faire face à un arrêt des apports en micronutriments (vitamines et minéraux) et malheureusement peu d’études se sont intéressées au sujet.

Les biens faits du jeûne.

L’engouement pour la pratique du jeûne provient sûrement des nombreux témoignages positifs très présents sur le web. Cependant, je tiens à préciser que le seul bienfait avéré est le repos du système digestif. Ce qui est logique vu qu’il n’’y a plus de consommation d’aliment et donc de digestion. Les autres bienfaits sont subjectifs et dépendent de l’expérience de chacun. On ne peut donc pas faire une généralité des effets positifs du jeûne ; mais voilà les retours les plus populaires :

  • la diminution des douleurs chroniques et de l’hypertension, le soulagement de l’arthrite rhumatoïde et  de la pancréatite aigue, l’amélioration de la qualité du sommeil.
  • une perte de poids, qui est évidente parce qu’on ne mange plus mais pas définitive. Une étude a été effectuée sur 207 personnes souffrant d’obésité morbide. Elles étaient hospitalisées pendant un jeûne d’une durée de 47 jours. Les résultats indiquent que le jeûne a été efficace pour faire perdre du poids (28,2 kg en moyenne). Cependant, parmi les 121 sujets ayant participé aux visites de suivi, 50 % avaient repris leur poids initial après 2 à 3 ans, et plus de 90 %, après 7 ans. Je tiens aussi à préciser qu’il faut bien garder en tête que cette étude à été réalisée sur des sujets atteints d’obésité sévère, chez qui les premiers kilos sont faciles à perdre. Alors que chez une personne de poids normal ou ayant un surpoids modéré,  l’effet perte de poids rapide n’est pas à espérer.

Les effets indésirables du jeûne.

Si la pratique du jeûne encadrée au sein d’une structure médicalisée semble globalement peu dangereuse car suivie par des spécialistes, des risques sérieux existent si cette pratique a lieu à la maison ou en séjour ludique. Outre la sensation de faim tenace, le jeûne peut provoquer des maux de tête importants, des étourdissements, voire des hallucinations. Et au-delà de deux semaines, il peut provoquer des carences en fer, des inflammations et fibroses au niveau hépatique (c’est une détérioration des cellules du foie) et une dégradation du capital osseux. Le risque le plus grave associé au jeûne est celui de la survenue de troubles du rythme cardiaque.

Dans les témoignages de personnes n’ayant pas eu une bonne expérience on retrouve principalement : des insomnies à répétition, un sentiment de faiblesse extrême, des bouffées d’angoisses, un pouls irrégulier, des vomissements… D’ailleurs ces symptômes doivent être le signe que le jeûne doit être arrêté immédiatement et la reprise alimentaire doit recommencer de manière progressive pour ne pas brusquer l’organisme.

Il n’est en aucun cas recommandé de faire un jeûne pour les femmes enceintes et allaitantes, les enfants, les adolescents et les personnes âgées, les personnes diabétiques, dénutries ou  ayant des troubles psychiques. Même encadré.

Je suis bien consciente qu’il y a aujourd’hui beaucoup de personnes pour qui jeûner se passe bien et qui en ont tiré des bénéfices. Mais il n’y a pas de recette unique. Ce qui a marché pour quelqu’un, aura l’effet inverse sur une autre personne. C’est ce que montrent d’ailleurs les résultats des études, une va trouver que le jeûne à un bénéfice sur un facteur santé et une autre va trouver que le jeûne apporte des complications à un autre facteur santé. En attendant qu’il y ait une méta-analyse (c’est-à-dire un regroupement de différentes études) ou un rapport de nos institutions de santé sur ce sujet, je préfère la prudence et ne pas conseiller cette pratique. Le moyen qui me semble le plus sûr de prendre soin de sa santé aujourd’hui est d’avoir une alimentation équilibrée, une pratique sportive régulière et une gestion du stress et des émotions adéquate.  Je vous invite  à contacter une diététicienne-nutritionniste, qui va vous aider à mettre en place de nouvelles habitudes de vie qui auront les mêmes bénéfiques qu’un jeûne, avec l’avantage d’être durables dans le temps et socialement adéquat.

Pour rappel, un chat gratuit est disponible pendant toute la période du confinement de 10h à 12h sur le site maiabaudelaire.com. Une diététicienne répondra à toutes vos questions.

Et pour en savoir plus sur la thématique alimentation et confinement, vous pouvez écouter les podcasts de Constance disponibles sur le site maiabaudelaire.com et sur les plateformes Spotify, Deezer, Apple Podcast, Google Podcast… Elle vous expliquera notamment pourquoi il ne faut pas moins manger en ce moment et vous donnera les clefs nécessaires  pour garder une bonne alimentation en période de confinement.


Une question ? Besoin d’être conseillé ?
Contactez votre nutritionniste chez Maïa Baudelaire au :
01 47 36 00 98
(Du lundi au vendredi de 9h à 18h)


Alissa, Diététicienne-Nutritionniste chez Maïa Baudelaire

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