Devrions-nous tous être végétariens ?


 


Le végétarisme est un mode de vie qui est de plus en plus répandu en Occident,  notamment chez les moins de 35ans. Adieu, l’image de la famille parfaite avec la dinde au milieu de la table, chez 30% de la population française qui se dit « flexitarien »1, la viande n’est consommée que de manière occasionnelle.

On pourrait croire que c’est une nouvelle mode et que comme toutes les autres elle va finir par s’essouffler au printemps prochain. Mais cette fois ci c’est légèrement différent, rares sont les personnes qui décident de devenir végétariennes qui font marche arrière. C’est une tendance de fond qui progresse grâce à une consommation de viande qui diminue chaque année et le développement  de gammes de produits végétariens et végans dans l’industrie agroalimentaire.

D’ailleurs le végétarisme n’est pas quelque chose de nouveau. Le père du végétarisme a vécu au IVème siècle avant la naissance de Jésus Christ ! Il s’agit de Pythagore le célèbre mathématicien qui a inventé le théorème qui si vous êtes parents doit sans doute vous arracher les cheveux en ces temps de confinement. Il n’a pas été le seul, de nombreux hommes célèbres ont adopté ce régime, parmi eux on retrouve : Léonard de Vinci, Benjamin Franklin, Mahatma Gandhi et Albert Einstein.

Mon but dans ce podcast, n’est pas de promouvoir le végétarisme, mais d’apporter des informations. Beaucoup de personnes n’osent pas sauter le pas de peur de faire des erreurs. Et c’est très bien, c’est prudent et indispensable de faire marche arrière quand on n’a pas toutes les connaissances pour prendre soin de sa santé en toute sécurité. C’est pourquoi j’ai décidé de faire une série de podcasts sur le végétarisme. Je parlerai des populations à risque, du grand débat sport et végétarisme, des nutriments à surveiller et tout un tas de chose. Alors si vous voulez épater votre nièce au prochain repas de famille ou simplement comprendre ce mode de vie, abonnez-vous pour ne rater aucun épisode.

Pourquoi devenir végétariens ?

Plusieurs raisons sont à l’origine d’un tel engouement :

Par conviction écologique.

Cela ne vous aura pas échappé que depuis quelques années, prendre soin de la planète est devenu de plus en plus populaire. Chacun fait son geste au quotidien ; quand il y en a qui on choisi d’acheter d’occasion et ou de ne plus voyager, d’autre encore on choisi de se passer de viande. Pourquoi ? Parce qu’une alimentation végétarienne émet 7 à 15 fois moins de gaz à effet de serre qu’une alimentation carnée2.

La surface consacrée aux animaux d’élevage que ce soit pour paître ou pour produire leur nourriture est incomparable à celle nécessaire pour faire pousser une alimentation végétarienne. Rien que l’élevage bovin serait responsable de 80% de la déforestation en Amazonie3.

Une question éthique liée au bien être des animaux.

Les chiffres parlent d’eux même : dans le monde, plus de 60 milliards d’animaux terrestres sont abattus chaque année. En France, nous en tuons 3 millions par jour. Un Français consomme en moyenne 7 bovins, 33 cochons, 9 chèvres et moutons, 1 300 volailles et 60 lapins au cours de sa vie4.

Souvent les conditions d’élevage sont déplorables : plusieurs poules pour un mètre carré, insémination  forcée des vaches laitières, des animaux qui ne voient jamais le jour…  Les conditions d’abattages ne sont pas non plus les plus agréables. Que ce soit pour les animaux ou pour les hommes travaillant au contact de la violence et de la mort toute la journée.

Heureusement, le gouvernement français, s’intéresse de plus en plus à la protection et à l’amélioration de vie des animaux. Début 2020, de nouvelles mesures ont d’ailleurs été présentées pour renforcer celles prises en 2018, par Didier Guillaume, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation. Ces nouvelles normes influencent beaucoup l’existence et le développement d’élevages respectueux des animaux comme la filière bleu blanc cœur, la filière de l’agriculture biologique ou les paysans locaux proche de chez nous…

Pour prendre soin de sa santé.

Le 23 janvier 2017, l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) a publié un rapport qui a fait bouger pas mal d’idées reçues dans le monde de la diététique. En se basant sur une étude qui considère que la consommation de viande et de charcuterie, aurait un effet délétère sur le cancer du côlon-rectum, l’ANSES a préconisé de réduire la consommation de ces deux catégories d’aliments. La consommation de charcuterie ne devrait pas excéder 25g par jour et par personne et la consommation de viande rouge se limite à 500g par semaine et par personne.

On parle de viande mais qu’en est-il du poisson ? Aliment très en vogue pour ses bonnes protéines et sa richesse en omégas 3. Malheureusement la pollution des eaux n’épargne pas les poissons. Les métaux lourds comme le mercure ont envahi nos océans et contaminés les poissons que nous mangeons. Tous les poissons ne sont pas touchés au même degré mais en 2016, l’association 60 millions de consommateurs5 a analysé 130 produits de la mer que nous consommons souvent. Tous sont contaminés par les métaux lourds.

Un régime végétarien à de nombreux avantages notamment sur la régulation du transit ou l’amélioration du diabète dû à sa richesse en fibres. Par contre, ce n’est pas parce que vous devenez végétarien que vous serez en bonne santé, le régime alimentaire ne fait pas tout, il est important en plus de manger de manière équilibrée, d’avoir une activité physique régulière, d’apprendre à gérer son stress, d’avoir un sommeil de qualité…

Pour le porte-monnaie.

En novembre 2015 une étude américaine a révélé que manger végétarien permettrait de faire une économie annuelle de 650€ sur notre alimentation6. Ces économies permettent par exemple, chez les flexitariens, d’acheter de temps en temps de la viande de très bonne qualité (locale, biologique…), malgré son prix onéreux. 

 

Les différents types de régimes végétariens.

*Flexitarien

C’est la version facile et commode des options végétariennes. La consommation de viande est rare mais pas exclue. On choisi simplement de miser sur la qualité et on s’autorise un bout de chair le week-end ou au restaurant par exemple.

*Végétarien

Un végétarien ne mange PAS de chair animale, c’est à dire, pas de bœuf, ni de volaille, ni de poisson, pas de porc, de lapin… La consommation des produits laitiers, du miel et des œufs est toujours d’actualité. On les appels aussi les Lacto-Ovo-végétariens.

*Pesco, lacto végétariens…

Ensuite chacun est libre de se créer son propre menu végétarien en en enlevant une ou plusieurs familles d’aliments :

  • Pesco-végétarien : la consommation de poisson est maintenue.
  • Lacto-végétarien : seuls les produits laitiers font office d’aliment d’origine animale.
  • Ovo-végétarien : les œufs sont consommés en guise de protéines animales.

Il faut noter qu’en fonction de l’aliment que l’on enlève de son quotidien il peu y avoir des risques de carences : exemple pour ceux qui ne mangent pas de produits laitiers : il y a un risque de manquer de calcium.

*Végétalien

Plus connu sous le nom de Vegan, le végétalisme ne fait référence qu’au mode d’alimentation de ce mode de vie. On peut être végétalien sans être Vegan. C’est le régime le plus extrême et le plus stricte car un végétalien ne consomme aucun produit issu de l’exploitation animale. Cela concerne donc la chair animale, mais également les produits laitiers, le miel et autres produits de la ruche, les œufs. Pour rappel en plus de supplémentassions en certain minéraux recommandés, la supplémentassions est obligatoire pour la vitamine B12. Ce sera l’objet d’un autre podcast.

 

Perte de poids et végétarisme ?

Parce que les produits bruts d’origine végétale sont moins caloriques que les produits animaux, si l’alimentation est équilibrée (par exemple sans se gaver de fromage ou de purée d’oléagineux), il y a une légère perte de poids au début de la mise en place d’une alimentation végétarienne. Mais une fois que le corps s’est habitué, le poids revient au poids de forme du corps.

Ce n’est pas parce que vous mangez quelque chose qui a l’estampille végétarienne ou végane que c’est forcément bon pour la santé. Eh oui, la junk food végétale existe aussi ! Et les produits de type junk food contiennent autant de gras et de sucre que leurs homologues omnivores, consommés en excès ils auront le même effet : une prise de poids.

L’avantage d’une alimentation végétarienne, comme on doit faire attention à ne manquer d’aucun nutriment, on devient plus attentif à son alimentation et donc on fait des choix plus sains et plus raisonnés. Mais pour ça encore faut-il avoir été guidé lors du processus de transition par des personnes compétentes. Avec le programme Végétarien, de la méthode Maïa Baudelaire, une diététicienne-nutritionniste, diplômée d’état, vous aidera à faire la transition de manière progressive, douce et en s’assurant que vous ne manquer de rien. Ce programme convient aussi aux personnes désirant se tourner vers une alimentation végétalienne.

Quels sont les risques des régimes végétariens ?

En premier lieu ce sont les carences qu’elles soient au niveau des protéines ou de certains minéraux et vitamines. Comme c’est un sujet délicat et long, il fera l’objet d’un autre podcast. Tout comme le sujet des populations à risque : femmes en ceinte, allaitantes, nourrissons, personnes âgées…

Ensuite, si l’on était attaché au goût des produits carnés, ce serait de se tourner vers une alimentation hyper industrielle à base d’un excès de mauvais gras, de sucre, de sel, d’additifs, de colorants, d’amidon modifié… L’estampille vegan ou végétarien n’est pas signe que l’aliment est bon pour la santé. La consommation de produits transformés doit se faire avec parcimonie. Si vous ne pouvez pas vous passer de saucisses végétales et autres simili viandes, je vous invite à réfléchir à la raison qui vous a poussé à devenir végétarien. Peut être un régime Fléxitarien vous conviendrait mieux ?! Il n’y a pas de honte à revenir sur sa décision si elle ne nous convient plus. 

Certaines personnes se plaignent de troubles digestifs et/ou de ballonnements, surtout au début. Cela peut être dû au fait qu’un régime végétarien est plus riche en fibres qu’une alimentation normale et que la transition n’ayant pas été faite progressivement, les intestins se retrouvent irrités

Comment devenir végétariens ?

Vous pensez que ce mode de vie vous conviendrait et vous voulez sauter le pas ? Pas de problème, je vous livre quelques astuces qui vont vous faciliter le cheminement :

  • Allez-y progressivement : commencez par un ou deux repas végétariens dans la semaine, (ex: le lundi végétarien) puis augmenter le nombre de repas petits à petits. Prenez le temps de découvrir de nouvelles recettes ou de nouveau produits (ex : remplacer les œufs par des graines de lin ou de chia en pâtisserie).
  • Focalisez vous plus sur les aliments que vous ajoutez à votre alimentation que sur ceux que vous ne mangerez plus.
  • Informez vos proches et contribuez aux repas de groupe en apportant un plat végétarien, cela permettra de faire découvrir votre mode de vie à votre entourage et puis au moins vous serez sur d’avoir un plat à vous mettre sous la dent.
  • Et bien sûre, écoutez les prochains podcasts pour avoir toutes les informations nécessaires pour une transition en toute sécurité.

Sources :

1. Éline Maurel, , Xerfi Research, Le marché de l’alimentation végétarienne et végane à l’horizon 2020.

2. Foodwatch, 2008. Organic: A Climate Saviour? The foodwatch report on the greenhouse effect of conventional and organic farming in Germany.

3.Green Peace, juin 2009. Le massacre de l’Amazonie.

4. Heinrich Böll Stiftung, Friends of the Earth Europe, ARC 2020. L’Atlas de la viande.

5. 60 Millions de consommateurs, Mensuel – N° 515 – mai 2016, Tout n’est pas bon dans le poisson.

6. Mary M. Flynn & Andrew R. Schiff (2015) Economical Healthy Diets (2012): Including Lean Animal Protein Costs More Than Using Extra Virgin Olive Oil, Journal of Hunger & Environmental Nutrition, 10:4, 467-482, DOI: 10.1080/19320248.2015.1045675


Une question ? Besoin d’être conseillé ?
Contactez votre nutritionniste chez Maïa Baudelaire au :
01 47 36 00 98
(Du lundi au vendredi de 9h à 18h)


Alyssa, Diététicienne-Nutritionniste chez Maïa Baudelaire

banniere-blog-2

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *